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Accès à l’éducation supérieure pour les personnes DI-TSA

Pour la majorité des étudiants, la transition entre l’école secondaire et les études supérieures est une étape de grande envergure qui demande du temps et de la préparation. Pour certains d’entre eux, cette étape peut s’avérer plus difficile à franchir. C’est souvent le cas pour les gens avec une DI ou un TSA, qui doivent prévoir plus de préparation pour ce grand pas vers la vie adulte. C’est particulièrement le cas aujourd’hui, avec cette pandémie qui chamboule plusieurs aspects de notre quotidien, y compris l’éducation. C’est pourquoi il est primordial de faire des efforts pour inclure ces personnes dans notre quotidien et faciliter leur inclusion dans nos écoles.

Les personnes avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme sont plus présentes qu’on ne le pense en éducation supérieure. Entre 2018 et 2019, on pouvait compter un total de 18 064 personnes ayant un handicap dans les universités au Québec. 289 d’entre eux présentaient un TSA[1]. Il est donc important de ne pas les oublier et de faire notre possible pour faciliter leur intégration.

Les prêts et bourses

Depuis un peu plus d’une année, un important changement concernant le programme de prêts et bourses de l’Aide financière aux études (AFE) a eu lieu. Ce changement peut apporter de grands impacts pour les personnes avec une DI ou un TSA. Avant cette modification, les prêts et bourses étaient accordés aux étudiants avec DI/TSA même s’ils avaient besoin d’étendre leur étude à temps partiel. Malheureusement, cela n’est plus possible pour eux. Les personnes ayant une DI ou un TSA ont été exclus de cette mesure, qui vise aujourd’hui uniquement les personnes avec une déficience physique. En d’autres mots, leur seul moyen d’obtenir de l’aide financière est d’être aux études à temps plein[2]. Cette nouvelle exclusion contrevient au principe de la Charte des droits et libertés de la personne selon lequel « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur […] le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap. Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit »[3].

Heureusement, des organismes œuvrent en faveur des droits scolaires de ceux qui présentent une DI ou un TSA et leur offrent de l’aide dans cette situation. Par exemple, L’Association québécoise pour l’équité et l’inclusion au postsecondaire (AQEIPS) a offert cette année la 22e édition de son programme de bourse pour les étudiants et étudiantes en situation de handicap[4].

Accompagnement et soutien aux étudiants au collégial

Le gouvernement du Québec offre aussi du support pour les étudiants avec un handicap qui poursuivent leurs études au niveau collégial. En fonction du handicap, des mesures d’adaptation sont disponibles dans chaque établissement. Selon leur rythme et leur capacité, il est possible de procéder à des mesures spéciales, comme une prolongation des délais de remise des travaux, du soutien aux apprentissages, un encadrement éducatif, l’accès à des locaux isolés lors d’examens, etc[5].

Les études au temps de la pandémie

Avec tous les changements qu’a apporté la COVID-19, une adaptation a été nécessaire pour assister aux cours, qui se donnaient en ligne jusqu’à tout récemment. Toutefois, il y a de fortes chances que cette façon de fonctionner demeure encore à l’automne. Pour les personnes ayant une DI ou un TSA, ce nouveau fonctionnement peut ajouter une difficulté à leur réussite scolaire. Pour en savoir plus sur le sujet, l’AQEIPS a organisé une rencontre virtuelle pour obtenir l’avis de ceux qui participaient aux cours en ligne avec un handicap. De cette rencontre est ressorti que cette nouvelle façon de fonctionner représente un réel défi pour eux. Certains ont exprimé une plus grande difficulté à rester concentrés. En effet, pour une personne avec une DI ou un TSA, rester concentré durant une longue période s’avérait déjà complexe dans une salle de classe. Le fait de devoir le faire via un écran rend ce défi encore plus difficile à surmonter. D’autres craignent de ne pas être en mesure de se créer une nouvelle routine et d’organiser leur horaire correctement, ou encore d’avoir plus de difficulté à comprendre les cours en ligne. Une enseignante du Collège Montmorency propose quelques pistes de solutions pour pallier le manque d’adaptation envers les personnes présentant un handicap. Elle propose en autres de « donner plus de temps pour remettre les travaux, s’adapter aux étudiants.e.s qui ont besoin de plus d’interaction ou de moins d’interaction. Donner cinq travaux et prendre les trois meilleurs pour les notes, etc. »[6].  Des règles ont aussi été mises en place pour prévoir comment se déroulera l’année scolaire à venir dans toutes les écoles au Québec. Chaque établissement a l’obligation de faire un bilan du plan d’intervention des élèves. Ce bilan doit tenir compte de la situation actuelle, tout en prévoyant les mesures d’adaptations nécessaires à l’élève, qui demeurent très importantes au temps de la pandémie. Ce plan sera communiqué aux parents, qui pourront en discuter avec l’école s’ils le souhaitent[7]. Le gouvernement du Québec travaille présentement sur différentes pistes de solutions en vue de la rentrée scolaire. Le 20 mai dernier a d’ailleurs eu lieu une rencontre dans le but d’entendre le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur afin de permettre aux députés d’opposition d’échanger avec le gouvernement au sujet de la pandémie de COVID-19[8].

Il est important de continuer de faire en sorte que l’éducation supérieure soit disponible pour tout le monde et qu’en aucun cas, quelqu’un soit désavantagé par son handicap. Il reste encore du travail à faire pour que les établissements d’enseignement supérieur soient totalement inclusifs, mais nous devons continuer d’y travailler pour que tous les étudiants aient accès à la carrière qu’ils souhaitent.

[1] ASSOCIATION QUÉBÉCOISE INTERUNIVERSITAIRE DES CONSEILLERS AUX ÉTUDIANTS EN SITUATION DE HANDICAP, « Statistiques concernant les étudiants en situation de handicap dans les universités québécoises », 2018-2019, (En ligne).

[2] L’ASSOCIATION QUÉBÉCOISE POUR L’ÉQUITÉ ET L’INCLUSION AU POSTSECONDAIRE, « L’Aide financière aux études discrimine en fonction du type de handicap », (En ligne), https://aqeips.qc.ca/laide-financiere-aux-etudes-discrimine-en-fonction-du-type-de-handicap-2/ .

[3] Charte des droits et libertés de la personne, art.10, chapitre C-12.

[4] FACEBOOK, AQEIPS, « Félicitations aux gagnant.e.s de notre programme de bourses 2020 ! », (En ligne), https://www.facebook.com/aqeips/ .

[5] ÉDUCATION ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR QUÉBEC, « Services et accommodements – Étudiants et étudiantes en situation de handicap », (En ligne), http://www.education.gouv.qc.ca/colleges/etudiants-au-collegial/soutien-des-etudiants/etudiants-en-situation-de-handicap/services-et-accommodements/ .

[6] L’ASSOCIATION QUÉBÉCOISE POUR L’ÉQUITÉ ET L’INCLUSION AU POSTSECONDAIRE, « Consultation avec étudiants en situation de handicap sur les cours à distance », (En ligne), https://aqeips.qc.ca/publications/rapports/consultation-avec-etudiants-en-situation-de-handicap-sur-les-cours-a-distance-2/ .

[7] COMMISSION DES DROITS DE LA PERSONNE ET DES DROITS DE LA JEUNESSE, « FAQ – Élèves HDAA », (En ligne), https://www.cdpdj.qc.ca/fr/COVID-19/Pages/FAQ-HDAA.aspx?fbclid=IwAR2VbwxQ0doddNEVr-FDs5O9Olp8aitcxmbikrnKMZCkKoDgPxVJ2ITsJN4 .

[8] ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC, « Journal des débats de la Commission de la culture et de l’éducation », (En ligne), http://assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/cce-42-1/journal-debats/CCE-200520.html .


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