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Semaine québécoise de la déficience intellectuelle 2021

Depuis dimanche dernier, le Québec célèbre la 33e édition de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. Cette semaine est importante à souligner, car elle fête 169 000 québécois qui vivent avec une DI. Le but de cet événement est de sensibiliser la population aux personnes qui présentent une déficience intellectuelle et de favoriser leur inclusion en société. Pour démontrer le chemin parcouru au Québec à cet égard, le RODITSA désire vous plonger dans la réalité de ceux-ci entre 1960 et aujourd’hui.

1960-1980

Les années 60 sont un point tournant dans l’évolution des mentalités face à la DI. Évidemment, beaucoup de chemin restait à faire, mais des avancements ont tout de même marqués cette décennie. C’est d’ailleurs au courant des années 1960 que le terme « déficience intellectuelle » a vu le jour. Par conséquent, les autres termes autrefois utilisés et beaucoup plus péjoratifs ont donc commencé à se dissiper peu à peu. C’est en 1964 que l’on voit apparaître pour la toute première fois une semaine de sensibilisation à travers le Québec. Une semaine que nous célébrons encore aujourd’hui, sous le nom de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle! En 1966, « une politique sur la scolarisation dans les écoles publiques des enfants hébergés en institution »[1] fait son arrivée. De plus, les écoles sont maintenant incitées à inclure des classes spécialisées, tandis que certaines écoles privées spécialisées deviennent subventionnées par le gouvernement. Les années 1960 ont aussi été marquées par de nombreuses manifestations qui ont eu un effet positif sur l’avancement des services pour les personnes qui présentent une DI.[2]

Les années 1970 ont quant à elles été marquées par la lutte pour la défense des droits. En 1971, la première version de la Loi sur les services de santé et les services sociaux a été instaurée[3]. Suite à cela, une vingtaine d’établissements pour les personnes vivant avec une DI sont apparus à l’échelle de la province[4]. La même année, l’ONU adopte la Déclaration des droits du déficient mental, stipulant entre autres que les personnes présentant une déficience intellectuelle ont les mêmes droits que ceux qui n’en ont pas[5]. Il faudra attendre le milieu des années 1970 pour l’arrivée d’une première vague de désinstitutionalisation. En 1975, la Charte des droits et libertés de la personne est adoptée[6], protégeant ainsi les droits fondamentaux des personnes qui présentent une déficience intellectuelle. La désinstitutionalisation continue de prendre de l’ampleur vers la fin de la décennie, car en 1978, le ministère de l’éducation permet aux enfants ayant une DI d’obtenir une éducation adaptée à leur besoin au sein des écoles publiques du Québec[7].

1980-2000

Les années 80 ne font pas exception et le Québec continue ses grands progrès. En 1984, l’Office des personnes handicapées du Québec publie la politique À part…égales[8]. Encore une fois, le but est de défendre les droits des personnes handicapées, incluant ceux qui présentent une déficience intellectuelle. C’est aussi à ce moment que l’embauche inclusive est devenue une pratique un peu plus connue. Des personnes présentant une DI commencent à être embauchées par des employeurs privés.[9] C’est d’ailleurs en 1985 que SEMO Mauricie, un organisme qui encourage l’embauche inclusive, voit le jour[10].

Le début des années 1990 a été marqué par la création du Comité de promotion et de sensibilisation en déficience intellectuelle (CRPSDI), que l’on connaît aujourd’hui sous le nom du RODITSA! Le CRPSDI a d’abord été créé par les organismes communautaires de la région œuvrant en déficience intellectuelle. Le but était de mieux coordonner les activités de sensibilisation et d’information et de pouvoir se doter d’une structure de représentation régionale. Aujourd’hui, le CRPRDI est devenu le RODITSA, un regroupement d’organismes de défense des droits en Mauricie. Nous avons comme mission de veiller à la pleine reconnaissance et à l’application des droits des personnes DI-TSA et leur famille.[11] Au courant des années 1990, les interventions ciblent majoritairement l’intégration des personnes présentant une déficience intellectuelle. Un nouveau programme d’aide à l’intégration est d’ailleurs mis sur pied. On élargit également notre sphère de préoccupations jusqu’au système judiciaire. On parle plus précisément du traitement et de l’accueil qui est réservé à ceux qui présentent une DI. Pour contrer le manque à ce niveau, des formations sont données aux policiers, aux juges, aux avocats et aux intervenants du réseau de la santé et des services sociaux.[12]

2000 – aujourd’hui

En 2000, la SQDI, autrefois appelée l’AQIS, débute une consultation auprès de ses membres. Le but est de cibler les enjeux qui concernent les personnes qui présentent une déficience intellectuelle et de s’assurer de la défense de leurs droits. Ces consultations mèneront à la création d’une nouvelle charte des valeurs qui sera grandement diffusée. Cette charte précise d’ailleurs que « les personnes présentant une déficience intellectuelle ont droit à la vie, à la dignité et à l’égalité des chances; le droit à la sécurité, à la reconnaissance des compétences et à la solidarité des pairs ; le droit au respect et à l’expression de leurs sentiments et le droit de disposer des supports adéquats pour permettre son intégration et sa participation sociale pleine et entière. »[13] En 2009, la politique À part entière : pour un véritable exercice du droit à l’égalité est créée. Cette dernière vise une plus grande participation sociale des personnes handicapées au Québec.[14] Le reste des années 2000 a connu quelques avancées, tel l’arrivée de Prêts, disponibles et capable en 2014, qui encourage grandement l’embauche inclusive qui a permis à plus de 150 employés ayant une DI ou un TSA d’être embauchés entre 2014 et 2018.[15]

Les organismes communautaires continuent évidemment de faire leur part dans l’avancée des droits des personnes ayant une déficience intellectuelle. Cependant, on peut remarquer une certaine stagnation depuis quelques années dans la lutte à l’intégration et à l’égalité. Certes, le Québec a parcouru beaucoup de chemin depuis 1960, mais le travail n’est toujours pas achevé. Continuons ensemble de lutter pour les droits, l’inclusion et l’égalité des personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle. Particulièrement en temps de pandémie, il est primordial de rester uni et de continuer les progrès dans un but commun d’inclusion.

[1] SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE, « 60 ans d’encouragement au cœur de nos vies », (En ligne), https://www.sqdi.ca/wp-content/uploads/2018/07/AQI_1899_Livre_60_ans_VP_fr.pdf .

[2] Idem.

[3] SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX QUÉBEC, « Système de santé et de services sociaux en bref », (En ligne), https://www.msss.gouv.qc.ca/reseau/systeme-de-sante-et-de-services-sociaux-en-bref/ .

[4] Préc. Note 1.

[5] ORGANISATION DES NATIONS UNIES, « Les Nations unies et les personnes handicapées », (En ligne), https://www.un.org/french/esa/social/disabled/historique_1.htm.

[6] Charte des droits et libertés de la personne, c. C-12, http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/showdoc/cs/c-12.

[7] Préc. Note 1.

[8] OFFICE DES PERSONNES HANDICAPÉES, « Quelques dates symboliques », (En ligne), https://www.ophq.gouv.qc.ca/loffice/40e-anniversaire-de-loffice/quelques-dates-symboliques.html.

[9] Préc. Note 1.

[10] SEMO Mauricie, (En ligne), https://semo-mauricie.org/.

[11] REGROUPEMENT D’ORGANISMES EN DI-TSA DE LA MAURICIE, (En ligne), http://roditsamauricie.org/a-propos/.

[12] Préc. Note 1.

[13] Préc. Note 1, p. 56.

[14] Préc. Note 8.

[15] PRÊTS, DISPONIBLES ET CAPABLES, « Les pratiques d’embauche inclusives », (En ligne), https://www.sqdi.ca/wp-content/uploads/2018/09/brochure_PDC_qc2018_web.pdf .


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