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Connaissez-vous réellement le TSA?

Nous avons probablement tous entendu parler du trouble du spectre de l’autisme (TSA) à de nombreuses reprises. L’évolution des connaissances sur les troubles neurodéveloppementaux ont permis de clarifier ce qu’était le TSA à la population. Toutefois, malgré les connaissances générales sur le sujet, il est important de se familiariser avec le TSA, car il touche de nombreuses personnes et se manifeste différemment chez chacun. En effet, selon une étude parue en 2018, un enfant sur 66 est diagnostiqué avec un TSA au Canada[1]. Des répercussions sont visibles sur l’aspect cognitif, social, affectif, intellectuel, sensoriel et verbal.

Qu’est-ce que le spectre?

On pourrait croire que le trouble du spectre de l’autisme englobe un seul état, soit l’autisme, alors qu’en réalité, le spectre est beaucoup plus large. En effet, selon le DSM-5, le TSA inclus non seulement les troubles neurodéveloppementaux, mais aussi les troubles envahissants du développement. On parle plus précisément du syndrome d’Asperger, du trouble autistique, et du trouble envahissant du développement non-spécifié. Le trouble du spectre de l’autisme est aussi classé par niveau de sévérité en fonction de l’aide requise de la personne. Trois niveaux s’y retrouvent, le niveau 1 correspondant à un soutien plus léger, au niveau trois qui correspond à un soutien plus substantiel.[2]

Qu’est-ce qui caractérise l’autisme?

Tout d’abord, il est important de savoir reconnaître les agissements typiques d’une personne qui présente un TSA. Attention! Ces comportements ne s’appliquent pas en tout temps, car personne n’est identique.

Lorsque quelqu’un présente un trouble du spectre de l’autisme, il a généralement de la difficulté à communiquer autant de façon verbale que non verbale. Entretenir une conversation ou décoder les expressions des autres peut représenter un défi de taille. La personne peut parfois sembler désintéressée ou absente et communiquer ses émotions ne se fait pas de façon naturelle. Il est important de mettre de côté les sous-entendus ou le deuxième degré lorsque l’on converse avec quelqu’un qui présente un TSA, car la compréhension sera d’autant plus difficile.[3] On peut aussi parfois remarquer un certain retard dans le développement du langage, un vocabulaire plus répétitif ou restreint ainsi qu’une absence de gestualité.[4] Le contact visuel et physique seront souvent évités. Les centres d’intérêts peuvent être restreints ou hors du commun. Les personnes TSA peuvent aussi être très intenses avec ceux-ci et agir de manière spécifique dans la façon de manier les objets.[5] Elles peuvent aussi ressentir le besoin de faire des mouvements particuliers, comme un hochement de tête par exemple. Leurs réactions peuvent également être amplifiées à cause de certains sons. Quelques-uns présentent aussi une hypersensibilité, ce qui expliquerait leur aversion pour les contacts physiques.[6]

La routine est un élément à ne pas négliger pour la plupart des personnes qui vivent avec un trouble du spectre de l’autisme. En effet, une routine précise est très importante pour qu’une personne avec un TSA se sente bien. Il est primordial de la répéter pour éviter une forte déstabilisation et une détresse psychologique. Les imprévus ou les changements peuvent avoir un grand impact chez eux et provoquer des crises.[7]

L’autisme chez les enfants

Le TSA est habituellement déjà présent lors de l’enfance. Il devient toutefois plus facile à déceler lors de l’entrée à l’école. Les signes deviennent généralement plus évidents avec l’augmentation des demandes sociales et des interactions plus concrètes. Les premiers signes peuvent survenir entre l’âge de 1 et 2 ans. L’évolution de l’enfant sera différente. Plus précisément, il pourrait ne pas répondre à l’appel de son nom, ne sourira pas, ne fera pas de gestes communicatifs, établira rarement des contacts visuels et pourrait même parfois sembler être sourd. Bien sûr, ceci n’est que quelques exemples et les agissements peuvent différer d’un enfant à l’autre. Plus le diagnostic sera précoce, plus il sera facile de favoriser un bon développement. En cas de soupçon, il est important d’en parler à un médecin qui pourra déterminer la présence ou l’absence de TSA. On pourra ensuite assurer un bon suivi qui ne mettra pas en péril le bon fonctionnement de l’enfant.[8]

Comment s’adapter au TSA?

Il est bien important de comprendre que l’autisme n’a rien à voir avec une maladie. C’est plutôt un état qui demande de l’adaptation. Les besoins d’une personne qui présente un TSA sont tout simplement différents. Pour être en mesure de s’y adapter et de faciliter la compréhension de ceux-ci, il y a des comportements à adopter. Il faut d’abord débuter par s’informer sur le sujet pour mieux comprendre le TSA et ainsi développer une patience envers certains agissements. Il faut aussi éduquer l’environnement de la personne concernée, comme l’école ou le milieu de garde. La compréhension des comportements types du TSA est également primordial pour favoriser la bonne communication. En connaissant aussi son raisonnement, il sera plus facile de prévenir ce qui peut provoquer les crises et ainsi les éviter lorsque cela est possible. Finalement, ce n’est pas parce que quelqu’un avec un TSA peut paraître absent ou qu’il présente un langage différent qu’il n’a pas conscience des propos et des gestes qui l’entourent. Parler d’eux comme s’ils n’étaient pas dans la pièce ou comme s’ils étaient des enfants ne mènera à rien.[9]

 

En somme, il faut toujours garder en tête l’importance d’aider la personne qui présente un TSA à vivre avec ses différences et l’aider à fonctionner plus aisément dans la société. Le trouble du spectre de l’autisme est très différent selon chaque personne. L’adaptation est donc la clé pour les comprendre et développer d’excellentes relations avec ces personnes uniques.

[1] L’ENCYCLOPÉDIE CANADIENNE, « Trouble du spectre de l’autisme (TSA) au Canada », (En ligne), https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/trouble-du-spectre-de-lautisme-au-canada.

[2] CENTRE DE RÉADAPTATION EN DÉFICIENCE INTELLECTUELLE ET EN TROUBLE ENVAHISSANTS DU DÉVELOPPEMENT, « Journée d’appropriation du DSM-5 pour les cliniques d’évaluation diagnostique de la Montérégie », (En ligne), https://www.autisme.qc.ca/assets/files/02-autisme-tsa/Diagnostic-Depistage/FORMATIONDSM-5.pdf.

[3] ASSOCIATION DES MÉDECINS PSYCHIATRES DU QUÉBEC, « Trouble du spectre de l’autisme », (En ligne), https://ampq.org/info-maladie/troubles-du-spectre-de-lautisme/.

[4] L’ARC-EN-CIEL, REGROUPEMENT DE PARENTS ET DE PERSONNES HANDICAPÉES (RPPH), « Guide d’informations et de sensibilisation à l’intention des familles et des intervenants », (En ligne), http://autismequebec.org/autisme_quebec_fichiers/file/Guide%20info%20pour%20familles%20et%20intervenants.pdf.

[5] Préc. Note 2.

[6] Préc. Note 3.

[7] Préc. Note 2.

[8] FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DE L’AUTISME, « Qu’est-ce que l’autisme? », (En ligne), https://www.autisme.qc.ca/tsa/quest-ce-que-le-tsa.html.

[9] Préc. Note 2.


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