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L’inclusion sociale

Le mot handicap est un terme extrêmement large. Il englobe toutes sortes de particularités, qu’elles soient légères ou plus sévères. Avec le temps, nous avons acquis des connaissances et avons développé des moyens de les inclure dans notre société. Toutefois, nous avons tendance à pallier leur handicap avec des mesures conçues pour eux uniquement. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais il faut se rappeler que le but de l’inclusion sociale n’est pas de les isoler en fonction de leurs besoins particuliers, mais plutôt de les inclure dans la vie en société, au même titre que tout autre citoyen. C’est pourquoi l’inclusion sociale des personnes handicapées demeure un sujet d’actualité dont nous devons parler pour banaliser et sensibiliser la société aux différences de chacun et à l’importance de la cohabitation.

La vie en société

Au Québec, il a été estimé que 616 740 personnes âgées de 15 ans et plus vivaient avec une incapacité quelconque en 2012[1]. Cela représente une bonne partie de notre population. Il devient donc évident que ceux-ci doivent pouvoir être inclus dans notre quotidien, aussi bien sur le plan scolaire, professionnel et social. Nous avons pu assister à une belle évolution à ce niveau à travers le temps. Dès la moitié du XXe siècle, des organismes canadiens se forment pour venir en aide aux personnes présentant une déficience intellectuelle[2]. Le mouvement a pris de l’ampleur au fil du temps, des documents prônant la défense des droits des personnes handicapées ont commencés à faire leur apparition, tel la Déclaration des droits des personnes handicapées en 1975[3]. En 1981, l’ONU célèbre pour la première fois l’Année internationale des personnes handicapées. De plus en plus, les personnes vivant avec un handicap sont incluses dans la législation et leurs droits sont de plus en plus défendus, ce qui nous mène au point où nous en sommes aujourd’hui[4].

Évidemment, nous devons être fier du chemin parcouru jusqu’à maintenant, mais il ne faut pas baisser les bras, car l’inclusion sociale n’est toujours pas optimale aujourd’hui. Des manques sont encore présents dans certains domaines, comme le réseau scolaire, par exemple. Des classes spécialisées sont favorisées au détriment de l’inclusion totale des enfants ayant un handicap. Leurs besoins sont généralement comblés, mais le fait de les regrouper ensemble empêche l’inclusion parmi les autres élèves.

Les droits fondamentaux

Au fil du temps, les droits fondamentaux auxquels nous avons accès se sont développés. Ces droits sont maintenant appliqués automatiquement, étant devenus des droits acquis pour lesquels nous n’avons plus besoin de nous battre. Néanmoins, certaines personnes éprouvent encore de la discrimination face à ces droits pourtant appliqués depuis longtemps. C’est parfois le cas des personnes présentant un handicap, comme une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Il devient donc nécessaire de rappeler que ces droits sont applicables à tous.

Tout d’abord, La Charte des droits et libertés de la personne exprime bien que « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur […] le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap. Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit. »[5] Il est important de le rappeler car malheureusement il arrive parfois, dans le domaine du travail par exemple, que de la discrimination ait lieu en fonction du handicap de quelqu’un.

La Loi canadienne sur les droits de la personne et la Charte canadienne des droits et libertés régissent également les droits fondamentaux de tous et chacun, en précisant qu’aucune discrimination basée sur un handicap n’a lieu d’être.

La Convention relative aux droits des personnes handicapées est consacrée au droit à l’égalité envers les personnes vivant avec un handicap, en favorisant leur liberté d’expression et d’opinion. Elle précise aussi que « Les États Parties interdisent toutes les discriminations fondées sur le handicap et garantissent aux personnes handicapées une égale et effective protection juridique contre toute discrimination, quel qu’en soit le fondement. »[6]

La sensibilisation

Pour atteindre une inclusion sociale complète envers les personnes présentant un DI ou un TSA, il ne faut pas cesser de sensibiliser et de banaliser le handicap auprès de tous. Pour ce faire, plusieurs activités et mobilisations ont eu lieu à travers le temps. Par exemple, le RODITSA a lancé une activité de sensibilisation à la déficience intellectuelle et au trouble du spectre de l’autisme pour les élèves du primaire. Le livre De nouveaux amis dans la classe, destiné au même public, a également paru dernièrement. Ces outils aident les enfants à se familiariser avec les différences et les particularités de chacun. Ces ressources sont présentement disponibles sur le site web du RODITSA, http://roditsamauricie.org/ressources-enseignants/ .

Dans le domaine de l’éducation, la Politique de l’adaptation scolaire paru en 2019 prévoit une intégration des personnes vivant avec un handicap au sein du réseau scolaire. Ce programme est destiné majoritairement aux enfants âgés entre 6 et 15 ans et vise des compétences axées sur la participation sociale[7]. Ce document se base entre autres sur la Loi sur l’instruction publique, qui énumère les droits des élèves, des enseignants ainsi que des professionnels du réseau scolaire[8].

La Convention relative aux droits des personnes handicapées prévoit la sensibilisation de la société face au handicap. Elle y mentionne que « Les États Parties s’engagent à prendre des mesures immédiates, efficaces et appropriées en vue de : Sensibiliser l’ensemble de la société, y compris au niveau de la famille, à la situation des personnes handicapées et promouvoir le respect des droits et de la dignité des personnes handicapées »[9].

Toutes ces mesures servant à améliorer l’intégration des personnes présentant un handicap dans la société sont un pas de plus vers l’inclusion sociale. Toutefois, sans la sensibilisation nécessaire dès l’enfance, les avancées ne seraient pas aussi grandes. C’est pourquoi il faut continuer de s’informer et d’en apprendre davantage sur le sujet pour en arriver à une société totalement inclusive.

[1] OFFICE DES PERSONNES HANDICAPÉES DU QUÉBEC, « Aperçu statistique des personnes handicapées au Québec », (En ligne), https://www.ophq.gouv.qc.ca/publications/statistiques/les-personnes-handicapees-au-quebec-en-chiffres/apercu-statistique-des-personnes-handicapees-au-quebec.html#c28364 .

[2] L’ENCYCLOPÉDIE CANADIENNE, « Mouvement des droits des personnes handicapées au Canada », (En ligne), https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/mouvement-des-droits-des-personnes-handicapees .

[3] Idem.

[4] Idem.

[5] Charte des droits et libertés de la personne, RLRQ, c. C-12, art.10.

[6] NATIONS UNIES – PERSONNES HANDICAPÉES, DÉPARTEMENT DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES, Convention relative aux droits des personnes handicapées, entrée en vigueur le 3 mai 2008, (En ligne), art. 5 (2).

[7] GOUVERNEMENT DU QUÉBEC – MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, « Programme éducatif CAPS-I », (En ligne), file:///C:/Users/droit/OneDrive/Bureau/RODITSA/Adaptation%20scolaire/Programme%20mis%20%C3%A0%20jour%202019.pdf .

[8] Loi sur l’instruction publique, RLRQ, c. I-13.3.

[9] NATIONS UNIES – PERSONNES HANDICAPÉES, DÉPARTEMENT DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES, Convention relative aux droits des personnes handicapées, entrée en vigueur le 3 mai 2008, (En ligne), art. 8 par. 1 (a).


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