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Premier envol

Une toute nouvelle série sur le blogue! Apprenez à connaître les organismes membres du RODITSA dans cette série d’entrevues. Rétrospectives, défis, moments phares; nos membres ont beaucoup à raconter et bâtissent quotidiennement un monde meilleur pour les personnes présentant une DI ou un TSA et leur famille. Cette semaine, place à : l’APEVAH Des Chenaux.

La semaine dernière, le RODITSA a eu la chance de s’entretenir avec Cléome Toupin-Guay, coordinatrice de Premier envol (https://premierenvol2007.wixsite.com/premier-envol). Grâce à elle, nous avons la chance de vous présenter un organisme extraordinaire qui change la vie de nombreuses personnes vivant avec une DI ou un TSA.

Qu’est-ce que Premier envol?

Il y a maintenant treize ans, le Premier envol a vu le jour. Le projet d’un organisme de ce genre a débuté grâce à un groupe de parents d’enfants différents qui souhaitaient s’assurer qu’une fois adulte, leur enfant pourrait démarrer sa vie hors du nid familial avec un certain encadrement. De là est née l’idée de construire un immeuble entièrement adapté aux adultes qui présentent une DI ou un TSA et qui désirent débuter leur vie en appartement, tout en ayant du support le temps d’acquérir une autonomie suffisante pour partir en logement non supervisé. La création totale de Premier envol a duré environ sept à huit ans! Aujourd’hui, huit logements sont disponibles, avec des baux d’un an. Les personnes qui y vivent se retrouvent avec une certaine autonomie, mais elles sont accompagnées tout au long du processus et ont le devoir de remplir certaines responsabilités comme faire un budget, s’occuper de l’entretien ménager de leur appartement et s’occuper de leur épicerie et de leurs repas. Évidemment, des intervenants sont présents 24h/24 pour les soutenir et leur venir en aide au besoin. Il n’y a pas de durée déterminée pour y être résident. Les intervenants accompagnent les locataires avec leurs nouvelles responsabilités jusqu’à ce que ceux-ci soient prêts à passer à la prochaine étape. Lorsque leur apprentissage est accompli, ils peuvent quitter vers un logement non supervisé.

Il n’y a pas d’âge pour être accueilli à Premier envol! Les locataires peuvent y entrer quand ils sont prêts à franchir l’étape d’une nouvelle vie en appartement. Présentement, environ la moitié des occupants sont âgés entre 18 et 25 ans, tandis que l’autre moitié se situe autour de 35 à 50 ans.

L’organisme au fil du temps

Depuis sa création, le Premier envol vise les mêmes objectifs, soit d’aider les adultes qui présentent une DI ou un TSA à s’intégrer de façon autonome dans la société. Toutefois, une adaptation peut parfois être nécessaire dans les interventions auprès des résidents en fonction de l’environnement qui les entoure. Autrement dit, chaque occupant est différent et nécessite un niveau d’intervention adapté à ses besoins.

S’adapter à la pandémie

Sans surprise, la pandémie actuelle chamboule plusieurs aspects de nos vies, dont la façon de fonctionner dans les habitations supervisées. Évidemment, les aires communes sont fermées pour éviter les contacts inutiles entre les locataires. Comme le but premier de Premier envol est de préparer les adultes à la vie en appartement autonome, les aires communes ne sont pas considérées essentielles, n’étant pas présentes la plupart du temps en logement non supervisé. Si c’est possible, certaines rencontres peuvent avoir lieu par vidéoconférence. Cependant, les intervenants ont toujours accès aux logements pour s’assurer du suivi des résidents. Le renouvellement des baux risque aussi d’être un peu plus complexe lorsque viendra le temps de rencontrer les nouveaux locataires. Chaque recommandation sanitaire du gouvernement est bien évidemment suivie. Mis à part cela, les habitudes restent sensiblement les mêmes à l’intérieur de l’immeuble. Tout comme le reste de la société, l’arrivée de la deuxième vague est plus difficile que la première pour ceux qui éprouvaient auparavant des problèmes de santé mentale. Ces derniers se voient fragilisés avec le confinement. La présence des intervenants est donc d’autant plus importante pour leur offrir du soutien moral.

Avant l’arrivée de la pandémie, deux intervenants étaient présents dans l’immeuble en tout temps. Maintenant, un seul y travaille, mais la présence continuelle demeure.

Rendre la cohabitation harmonieuse

La cohabitation des résidents en habitation supervisée peut parfois représenter un défi. Des conflits peuvent survenir entre les locataires. Ce n’est souvent rien de majeur, mais l’intervention des intervenant est parfois requise. La communication peut s’avérer difficile entre les résidents qui ne présentent pas le même handicap. Bien entendu, une personne qui présente une déficience intellectuelle ne s’exprime pas nécessairement de la même façon que quelqu’un présentant un trouble du spectre de l’autisme. Les relations amicales et/ou amoureuses qui se crées entre les locataires peuvent aussi demander de l’adaptation. C’est pourquoi des règles sont établies afin de garder la notion de respect au cœur de chaque relation.

Favoriser l’autodétermination

Le but premier de Premier envol est d’aider les adultes durant leur transition vers un appartement non supervisé et de leur offrir les aptitudes nécessaires pour répondre aux responsabilités qui y sont associées. Pour y parvenir, un suivi et de l’aide est nécessaire. Toutefois, une certaine liberté est conférée aux résidents. Ils doivent apprendre certaines choses d’eux-mêmes et se fixer des buts liés à leurs champs d’intérêts.

Premier envol a su tracer son chemin parmi les organismes essentiels au développement des adultes vivant avec une DI ou un TSA. L’idée d’un projet d’une telle envergure est non seulement innovatrice, mais aussi un très grand atout pour la société.


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