Droits

La Politique de la jeunesse 2030 en consultation publique

Plusieurs dossiers gouvernementaux importants qui concernent directement les droits des personnes DI/TSA er leurs familles sont présentement d’actualité : le remaniement de la curatelle, de la proche-aidance, pour lesquels nous nous efforçons de collecter l’information pertinente. Dans tous les cas, il convient de faire prendre conscience aux élus et au gouvernement en place de l’importance de faire de ces documents législatifs ou politiques des projets qui rendent compte de la réalité des personnes DI/TSA, de leurs véritables besoins et situations.

Dans cette optique, nous avons fait la lecture de la Politique québécoise de la jeunesse 2030. D’ailleurs, le gouvernement fait présentement un appel aux jeunes pour partager leurs réflexions concernant la stratégie d’action jeunesse 2021-2026 en cours d’élaboration. À la lecture de la Stratégie d’action jeunesse 2016-2021 qui vient à échéance le 31 mars prochain, nous avons saisi l’opportunité de partager quelques réflexions sur la Politique québécoise de la jeunesse 2030, dont ces plans d’actions sont issus. Nous croyons qu’il serait pertinent d’y ajouter quelques modifications afin de la rendre plus inclusive pour les jeunes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme.

 

Politique québécoise de la jeunesse 2030

Cette politique, déposée en 2016, vise à répondre le mieux possible aux besoins actuels des jeunes. Elle a été conçue plus particulièrement pour les jeunes de 15 à 29 ans. Un des objectifs est de promouvoir les initiatives dans le but de soutenir les jeunes dans leurs diverses transitions[1]. Néanmoins, Il serait important de préciser que tous les adolescents et jeunes adultes doivent franchir des étapes importantes vers l’autonomie. Le processus pour y parvenir peut toutefois différer en fonction de la personne, comme c’est le cas par exemple avec les gens vivant avec une DI ou un TSA. La politique devrait donc tenir compte de ces particularités et difficultés lors de l’élaboration de plan de soutien. Elle vient d’ailleurs mentionner que « la jeunesse est une période intense d’apprentissages de toutes sortes, d’adaptation à une panoplie de situations nouvelles, d’épanouissement personnel, de rencontres déterminantes et de découverte de passions et de vocations. Il est souhaitable que ces transitions s’effectuent avec le moins d’écueils possible, afin que chaque jeune soit à même de s’épanouir et de contribuer au développement du Québec. »[2] En effet, il est bien de s’adapter le plus possible aux besoins des jeunes pour les aider dans leurs démarches vers la vie adulte. Encore une fois, la réalité est tout de même différente pour ceux présentant une DI ou un TSA. Ils doivent passer à travers une série d’obstacles pour en arriver à une transition réussie. Un des principes évoqués dans ce texte est l’importance des rapports égalitaires, sans distinction avec les différences des citoyens, comme un handicap. Il est bien d’en faire la mention, car ce principe est évidemment applicable pour les personnes vivant avec une DI ou un TSA, qui dans le cas du passage à la vie adulte, ne se retrouve souvent pas avec les mêmes chances que les autres jeunes du même âge.

Le gouvernement exprime sa volonté « d’accompagner et soutenir les jeunes dans leurs apprentissages et leurs initiatives, et ainsi dans la mise en valeur de leur potentiel. Le gouvernement veut également les aider à définir et à mettre en œuvre leur projet de vie […] en utilisant les services déjà offerts à l’ensemble de la population, en orientant dans la direction appropriée l’offre de services à venir et en complétant ce soutien d’actions complémentaires adaptées à leurs besoins propres. »[3] Comme mentionné précédemment, le parcours d’une personne ayant une DI ou un TSA pour en arriver à l’inclusion totale en société comprend plusieurs obstacles. C’est pourquoi des programmes conçus spécialement pour eux lors de cette transition ont vu le jour. Un bon exemple qui devrait être mis de l’avant dans cette politique est le programme TEVA, qui a été créé pour faciliter la transition de l’école vers la vie active. La politique précise d’ailleurs que l’orientation scolaire et professionnelle « permet aux jeunes de mieux déterminer les domaines qui les motivent, d’être plus informés sur les besoins du marché du travail et de connaître les perspectives à venir en matière d’emploi. »[4] La TEVA joue un rôle crucial dans le processus d’orientation d’un jeune DI ou TSA. Il devrait être vigoureusement appliqué dans les écoles du Québec, pour être en mesure d’assurer un service d’orientation adapté. D’autres services devant être pris en compte sont les habitations supervisées et l’intégration des personnes avec une DI et un TSA sur le marché du travail via l’embauche inclusive, qui sont des initiatives adaptées è leur réalité leur permettant de réaliser leurs projets de vie, à leur façon. Il pourrait être pertinent de dédier une section du texte à cet effet pour énumérer les possibilités et adapter les plans d’intégration.

Le gouvernement souhaite également sensibiliser face aux préjugés et aux tabous que cela représente et l’importance d’un environnement culturel plus ouvert[5]. Il serait pertinent d’inclure la déficience intellectuelle et le trouble du spectre de l’autisme à cette section. Malheureusement, le manque de sensibilisation et de connaissance de la société en lien avec la DI n’aide en rien leur inclusion. Il est primordial de continuer d’informer les gens dès l’enfance sur le sujet et de sensibiliser la population face à l’importance de les inclure dans tous les aspects sociaux. C’est d’ailleurs l’une des missions que se donne le RODITSA, soit de sensibiliser et d’informer la société face à la DI et le TSA dans le but de rendre l’inclusion plus facile et mieux adaptée à leur situation. Des outils de renseignements et de sensibilisation sont également disponibles sur le site web du RODITSA, entre autres pour les enseignants souhaitant sensibiliser et informer leurs élèves.

Dans le même ordre d’idée, un des objectifs de l’organisme consiste à « favoriser la connaissance par les jeunes de leurs droits fondamentaux et de ceux de toute la population, particulièrement en ce qui a trait à la protection des renseignements personnels. »[6] Il est vrai qu’un des meilleurs moyens de favoriser les rapports égalitaires est de s’assurer que tous connaissent leurs droits pour ainsi être en mesure de les faire respecter. Encore une fois, le RODITSA offre de belles sources d’informations sur les droits fondamentaux de la personne, plus particulièrement concernant les droits des personnes ayant une DI ou un TSA.

« Avec la Politique québécoise de la jeunesse 2030, le gouvernement veut s’assurer que la société québécoise écoute les jeunes, qu’elle favorise leur contribution aux débats collectifs et qu’elle valorise leur apport aux solutions à mettre en place pour l’avenir. En tant que citoyens et citoyennes à part entière, les jeunes doivent avoir une voix dans leurs collectivités afin d’en influencer le développement. Ils représentent l’avenir et pourront ainsi contribuer à définir une société qui leur ressemble, dans laquelle ils se sentiront pleinement intégrés tout au long de leur vie. »[7] La politique ajoute également que le gouvernement compte « encourager les jeunes à exercer leur droit de vote, notamment en les invitant tôt à des exercices de simulation »[8]. Il est vrai que la participation des jeunes dans la vie politique et sociale de la société et leur implication dans les débats collectifs sont des éléments cruciaux à la réussite de leur intégration en société. C’est pourquoi tous les jeunes doivent être inclus dans ce plan, y compris ceux ayant une déficience intellectuelle par exemple. Ces derniers ont les capacités et la volonté de donner leur opinion sur divers sujets d’actualité et de voter. Il s’agit de leur avenir également!

Finalement, le texte aborde la Politique québécoise en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion[9]. Il serait pertinent d’ajouter que la diversité ne comprend pas seulement les différences de cultures, mais aussi les différents handicaps présents dans notre société que nous devons penser à inclure dans tous les aspects sociaux.

Les consultations publiques sont un excellent moyen de permettre à la société d’émettre des idées et des opinions sur différents sujets d’actualité et de faire une différence sur l’application des politiques, plans d’actions ou projets de loi (d’ailleurs, la référence en termes de droits des personnes présentant un handicap est la politique À part entière, de l’OPHQ). Tous doivent être mis à contribution et chaque opinion compte. C’est en diversifiant les débats collectifs que la société pourra devenir plus adaptée aux individus qui l’occupe. Participer aux consultations publiques en cours se fait de façon simple et ne demande pas beaucoup de temps. Il suffit simplement de répondre à un questionnaire disponible en ligne[10] et de faire parvenir vos idées par écrit pour ensuite les transmettre à consultation-saj@mce.gouv.qc.ca.

 

[1] POLITIQUE QUÉBÉSOISE DE LA JEUNESSE 2030, (En ligne), https://consultation.quebec.ca/uploads/decidim/attachment/file/6/pqj-2030.pdf .

[2] Préc. Note 2, p.4.

[3] Préc. Note 2, p.9.

[4] Préc. Note 2, p.34.

[5] Préc. Note 2, p.19.

[6] Préc. Note 2, p.23.

[7] Préc. Note 2 p.41.

[8] Préc. Note 2 p.43.

[9] Préc. Note 2, p.64.

[10] GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, « Consultations en vue du prochain plan pour la jeunesse », (En ligne), https://consultation.quebec.ca/processes/jeunesse?fbclid=IwAR1H2PEAqUSPN6bQ6cfXzH5kD-KxyPYMhQPdwAo9EcWmyQVc1yA9FnNi-so .


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